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Grands vins de Bourgogne 2009 chez Nick Hamilton

Il y a quelques semaines, j’ai eu l’occasion de déguster sept grands vins de Bourgogne de l’excellent millésime 2009 chez Nick Hamilton dans le cadre des soirées de dégustation qu’il organise et qui sont ouvertes à tous. Le millésime 2009 a été en Bourgogne, comme ailleurs en France, un excellent millésime. Mais plus une région viticole occupe une situation septentrionale (au nord) et plus l’influence d’un millésime se fait sentir. Comme l’indique Nick Hamilton : «Millésime exceptionnel, les bourgognes rouges 2009 offrent  beaucoup de caractère,  de matière et un excellent potentiel de garde. Selon les experts, les grandes cuvées pourront se garder plusieurs décennies (30 à 40 ans).» Or, l’intérêt de participer à cette dégustation était justement d’évaluer la spécificité de quelques grands Bourgognes rouges 2009, ainsi que leur potentiel de garde, mais aussi et surtout d’avoir accès à ces grands vins, ce qu’offrent justement à l’amateur de vin les grandes dégustations organisées par Nick Hamilton.

En effet, pour l’amateur de vin d’aujourd’hui, il est de plus en plus difficile d’avoir accès à ce qu’on considère comme des grands vins, d’une part parce qu’ils sont difficiles à trouver puisqu’ils se vendent rapidement dès leur arrivée sur le marché, ou parfois même avant (lorsque vendu en primeur). Mais aussi, d’autre part, ces vins sont parfois inaccessibles pour la simple et bonne raison que les prix d’un nombre croissant de vins deviennent exagérément élevés et prohibitifs, une tendance qui n’est pas prête de changer, compte tenu de l’engouement pour le vin chez les nouveaux riches en provenance des économies émergentes d’Asie. Or, l’amateur du vin qui désire développer ses connaissances et ses compétences doit pouvoir déguster les vins, quels qu’ils soient, qui sont considérés parmi les meilleurs au monde et qui constituent autant de références incontournables que d’archétypes du monde du vin.

Peut-on devenir un amateur d’art sans jamais avoir admiré et étudier les œuvres des grands maîtres, en devant se contenter de lire des Comic Books ? Il en va de même avec le vin. Faire partie d’un club de dégustation (où dix personnes mettent chacune 40$ pour acheter et déguster 6 bouteilles), suivre des cours ou encore participer à des dégustations comme celles de Nick Hamilton sont ainsi d’excellents moyens d’avoir accès à des vins nous permettant de découvrir autre chose que des vins à 20$, ce avec quoi -j’en sais personnellement quelque chose- la majorité des amateurs de vin font leurs classes. C’est véritablement en participant à des dégustations plus structurées et en groupes, de vins de plus grande qualité dans lesquelles on retrouve la complexité et la richesse aromatique dont nous parlent les livres, que j’ai véritablement progressé comme dégustateur et comme amateur de vin. C’était donc avec grand intérêt -et évidemment une certaine dose de plaisir anticipé- que j’ai participé à la dégustation des ô combien encensés et annoncés grands Bourgognes rouges 2009.

Ceci dit, je ne suis pas le plus grand amateur de vin de Pinot noir. À moins d’y laisser sa chemise, du moins au Québec, je trouve souvent les vins de Bourgogne légers, simples, maigres et trop acides. À l’inverse, la surmaturité et la surextraction à laquelle on soumet souvent le Pinot Noir dans la plupart des pays du « Nouveau Monde » ne me plaisent pas davantage. Mais quelques bons Bourgognes 2009 dégustés récemment m’avaient pour ainsi dire réconcilié avec ce cépage et j’étais donc curieux de déguster, sans devoir piger dans mes REER, les grands Bourgognes proposés par Nick Hamilton :
 

  • Vosne-Romanée 1er Cru Les Chaumes, Domaine Arnoux-Lachaux
  • Nuits Saint-Georges 1er Cru Les Vaucrains, Camille Giroud
  • Volnay 1er  Cru En Cailleret, Domaine La Pousse d’Or
  • Pommard 1er  Cru Fremier, Domaine de Courcel
  • Vin mystère : Williams Selyem Russian River Pinot Noir 2009
  • Gevrey-Chambertin 1er Cru Les Cherbaudes,  Lucien Boillot
  • Ladoix 1er Cru Le Clou d’Orge, Domaine Chevalier
  • Clos Vougeot Grand Cru, Maison Roche de Bellène

Voici un résumé de cette dégustation. Pour certains, c’est la première fois qu’ils dégustent ainsi, alors que d’autres sont des habitués et des réguliers. Après une présentation par Nick Hamilton de la région, des différents domaines que nous allons déguster et de la spécificité du millésime 2009 en Bourgogne, dans un sympathique, mais très efficace mélange d’anglais et de français, nous pouvons enfin commencer à déguster les huit verres que nous regardons depuis que nous nous sommes assis. Il est à noter que si nous connaissions les vins, ceux-ci ont été dégustés à l’aveugle et nous ne savions pas lequel se trouvait dans quel verre. Nick nous suggère alors d’effectuer une première dégustation en allant de la gauche vers la droite, puis ensuite de revenir en sens inverse, soit de la droite vers la gauche,  et de nous arrêter là afin de ne pas saturer nos papilles et pour ne pas brouiller nos impressions. Nick nous invite à identifier les deux vins que nous préférons, ainsi que celui qui nous plait le moins. Les personnes se mettent alors à l’ouvrage de déguster en silence, à l’exception de quelques échanges à voix basse entre certains voisins, avec un peu de musique classique en arrière-fond et le tintement des verres qu’on manipule.

Pour ma part, j’aime bien prendre le temps -et faire durer le plaisir- de commencer par évaluer la couleur et de humer d’abord tous les vins, pour ensuite revenir au premier et à nouveau le sentir, d’abord au repos, puis ensuite en faisant tourner le vin et enfin de le goûter. En commençant par uniquement sentir les vins et à l’analyse des nez, on prend alors le temps d’analyser une première série d’information. On peut alors déjà faire une sélection de ceux qui nous plaisent le plus ou le moins, ou encore de chercher des indices afin d’identifier les vins ou encore, dans des dégustations où on ignore tous des vins dégustés, pour en deviner l’origine (cépage, pays, appellation, millésime, …) Ensuite, lorsqu’on les goûte, on vient alors diversifier et approfondir la première série d’information qu’on possède, afin de porter un jugement plus complet et plus structuré. Un vin présentant un nez magnifique se révèle lourdaud un peu plat en bouche, tandis qu’un vin au nez étrange d’étable et de goudron s’avère savoureux, expressif, complexe, structuré, bien équilibré et indéfiniment long en bouche.

Après cette dégustation individuelle d’une durée d’environ 20 min, Nick Hamilton  effectue un tour de table où chacun est libre de commenter les vins dégustés en fonction de sa volonté ou de ses compétences et en spécifiant nos préférences et nos déceptions. Dans l’ensemble, tous les vins dégustés étaient très bons. La majorité de ces vins exprimaient l’influence du millésime en étant assez chauds et amples en bouche et présentant des parfums de fruits mûrs (fraise et cerise) avec un peu de cuir. J’ai personnellement eu de la facilité à identifier le vin mystère, surtout au niveau de sa texture en bouche moins pourvue en acidité. Ceci dit, ce vin a été à l’aveugle le préféré de près de la moitié des 12 personnes présentes. Si la majorité des personnes, dont moi, ont beaucoup apprécié la dégustation et que personne n’a identifié de vins décevants, certains s’attendaient par contre à avoir des vins plus complets et plus riches de sensations :

 

- Vosne-Romanée 1er Cru Les Chaumes, Domaine Arnoux-Lachaux
Beau nez de cerise mure, un peu de cuir et de cacao. En bouche, c’est un peu chaud avec des tanins fins et soyeux. Arôme de fraise et de cerise un peu cuite. Bonne longueur. De style un peu traditionnel. 9/10

- Nuits Saint-Georges 1er Cru Les Vaucrains, Camille Giroud
Nez fin et complexe de fruits rouges et de mure et légèrement floral. Chaud et savoureux en bouche, arômes de fruits rouges avec un peu de citron/lavande. Bonne longueur. 8,5/10

- Volnay 1er  Cru En Cailleret, Domaine La Pousse d’Or
Nez parfumé et minéral (ardoise chaude avec de l’eau), fruits rouges, cerise. Fruité et herbacé en bouche, des tanins un brin ferme et une bonne acidité. Pour la garde. 8,5/10

- Pommard 1er  Cru Fremier, Domaine de Courcel
Très beau nez, fruité et parfumé, de cerise et de fraise. Vin assez gouleyant, fruité et herbacé, très longue finale fruité. (Ça pinote!) 9/10

- Vin mystère : Williams Selyem Russian River Pinot Noir 2009
Très beau nez charmeur de cerise, de cuir, d’épice et puis boisé. Assez rond et soyeux en bouche. Arômes de fraise cuite et de cacao. Il m’a semblé un peu mou (manque d’acidité) par rapport aux autres vins.

- Gevrey-Chambertin 1er Cru Les Cherbaudes,  Lucien Boillot
Le nez pu! Très traditionnel et un peu barnyard (étable). Arômes fruités en bouche, un peu de pomme. Belle fraîcheur. Ce vin semblait avoir un défaut…

- Ladoix 1er Cru Le Clou d’Orge, Domaine Chevalier
Nez traditionnel, mais complexe : musc, cuir, un peu de goudron et sous-bois. Gouleyant et savoureux en bouche avec des tanins fins et soyeux, fruité et herbacé, arômes de cerise cuite et de cuir, belle longueur. 9/10

- Clos Vougeot Grand Cru, Maison Roche de Bellène
Nez un peu discret de cerise, de cuir et un peu herbacé. Fruité et herbacé en bouche, un peu chaud avec des tanins fins et légèrement sentis. Belle longueur et finale fruitée.

 

Conclusion connue d’avance : les grands vins de Bourgogne sont très bons, même excellents, mais ils sont trop chers. Quelques jours après cette dégustation, j’ai participé à une autre dégustation où, par chance et par hasard, j’ai dégusté à l’aveugle huit vins de Pinot Noir : un Bourgogne, un vin de Nouvelle-Zélande et six en provenance de l’Oregon. Les vins de Pinot en provenance de l’Oregon constituaient le thème de la dégustation et étaient tous très bons et parfaitement en mesure de tenir la comparaison avec les Bourgognes, mais offrant un bien meilleur rapport qualité-prix.


Morale de cette longue histoire qui avait pour but de partager l’expérience d’une dégustation structurée et à l’aveugle, c’est qu’il faut participer à ce genre de dégustation qui permettent de de découvrir et de comparer simultanément plusieurs grands vins.


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